Où vivent les jeunes ? C’est la question que s’est posée l’INSEE, qui vient de publier les résultats de son enquête, accessible dans son intégralité sur
www.insee.fr (rubrique publications). Une enquête qui décrit plus précisément les comportements des 15-29 ans (12 millions en France).
En 2010, les 15-17 ans vivent chez leurs parents, essentiellement en ville et en banlieue (60%). Un phénomène qui s’accentue les 18 ans passés puisque les 18-24 ans sont 70% à vivre dans une grande ville (ou sa banlieue). Les trois quarts se concentrent dans 30 des 354 aires urbaines françaises. Trente villes qui sont réellement, et visiblement, des villes étudiantes.
Sans surprise, c’est Paris qui concentre le plus grand nombre des étudiants (500.000 sur deux millions en France), où ils ne représentent cependant que 4% de la population. Avec 22.600 étudiants qui pèsent pour 6,7% de la population totale, en revanche, « on peut dire que Dijon est une ville étudiante », avance Jean-Louis Coster, le directeur régional de l’INSEE en Bourgogne. La capitale bourguignonne est même, vue sous cet angle, la septième ville étudiante de France, après Poitiers, Montpellier, Rennes, Nancy, Grenoble et Besançon.
Mais là où la région pêche, c’est sur sa capacité à conserver ses étudiants. Avec un solde migratoire négatif chez les 18-24 ans (-14%), la Bourgogne se situe au 18e rang des régions françaises, au coude à coude, dans ce triste palmarès, avec la Picardie, la Champagne-Ardenne, le Centre, la Basse-Normandie et la Corse. Les deux régions les plus attractives restent l’Île-de-France et Midi-Pyrénées.
Au-delà de 25 ans, la donne change un peu, avec la fin des études. Les trente villes étudiantes ne concentrent plus que la moitié de ces jeunes adultes (contre les trois quarts, nous l’avons dit, entre 18 et 24 ans). Si Paris, Toulouse, Metz, Marseille, Lyon, Aix-en-Provence ou Strasbourg tirent plutôt bien leur épingle du jeu, en revanche, Dijon perd plus de jeunes (âgés de 25 à 29 ans) qu’elle n’en accueille. Autrement dit : la Bourgogne connaît une fuite de ses diplômés, contre laquelle les politiques publiques tentent d’ailleurs de se battre.
AlC