Il l’a fait ! Exemple de création d’entreprise réussie par un étudiant : la société innovante Odalid, fondée à Dijon par Vincent Thivent.
En 2006, Vincent Thivent était tout juste diplômé de l’ESIREM (Ecole superieure d'ingénieurs de recherche en matériaux de Dijon) lorsqu’il a intégré l’incubateur régional Premice. Avec un projet innovant : le développement d’un lecteur embarqué, destiné à la lecture des étiquettes RFID (pour radio frequency identification). L’idée ? Elle a germé alors qu’il était en stage au sein de l’entreprise Best Electronique, à Longvic, qui travaille précisément sur cette technologie, plus élaborée que le code-barre puisqu’elle permet de lire et d’enrichir à volonté, et à distance, des étiquettes dotées d’une puce électronique. Le lecteur sur lequel Vincent Thivent a travaillé fonctionne de manière autonome, sans ordinateur, ce qui permet de l’embarquer partout. « Les applications possibles sont multiples », précise le jeune dirigeant d’entreprise. Un exemple : le contrôle d’accès aux vélos type Vélodi à Dijon ou Vélib à Paris. Aujourd’hui, les abonnés sont titulaires d’une carte mais ils doivent passer par un ordinateur pour se servir. « Ma solution se présente comme un boîtier autonome dont le coût est bien inférieur au système actuel », argumente Vincent Thivent. Qui imagine déjà la déclinaison de la formule dans les salles de sport où chaque appareil vous reconnaîtrait, pour vous transmettre votre programme personnel.
Des aides financières précieuses
Son entreprise, baptisée Odalid, est promise à un bel avenir si l’on en juge par les soutiens dont elle bénéficie. Vincent Thivent a d’abord reçu une aide à l’innovation, réservée aux étudiants qui travaillent en lien avec un laboratoire universitaire. En juin 2008, lauréat du Concours national de création d’entreprise innovante, catégorie « émergence », il a reçu un chèque de 40.000 euros. Une cagnotte qui s’ajoute à celle accordée par Premice et par Oséo (80.000 euros au total), pour financer les coûts de la R&D et de l’étude de marché. « Premice m’a également accordé une bourse qui a permis, pendant un an, de me sortir un salaire d’environ 1.000 euros par mois », ajoute Vincent Thivent. C’est une évidence : créer son entreprise alors qu’on est étudiant, ou tout juste diplômé, permet de s’appuyer sur toutes les structures de valorisation de la recherche qui existent aujourd’hui à l’université. Et donc de bénéficier d’un accompagnement, technique et financier, que l’on n’a plus guère ensuite lorsque le lien est coupé. Odalid est aujourd’hui adossé à deux laboratoires de l’université (dont le LE2I où l’entreprise est physiquement hébergée), ce qui renforce sa crédibilité, lors du démarchage. Odalid, pour sa première année d’activité, a réalisé 80.000 euros de chiffre d’affaires. Un bon début. « Au départ, je me sentais un peu jeune, pour créer une entreprise, dit pourtant Vincent Thivent, lorsqu’on l’interroge sur ces dernières années. C’est vrai que ça fait un peu peur. Il aurait été plus confortable d’être salarié. Mais d’un autre côté, quand on est jeune, quand on n’a pas de famille à nourrir, on peut se permettre de prendre ce risque. »
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