Les étudiantes face aux grossesses non désirées - Jour 1
Par Katia David le 08.03.2010 | 16:00
Le nombre d'étudiantes ayant recours à l'IVG est préoccupant. Il pose la question de la prévention des risques, de l'accès à la contraception, de la prise en charge de la santé étudiante, de l'information des jeunes hommes…
5 % des étudiantes ont eu recours à une interruption de grossesse (IVG) et un quart d’entre elles y a recours deux fois. Ce qui est préoccupant : d’abord on peut s'interroger sur l'efficacité et la pertinence de leur information, et surtout, les étudiantes sont nettement plus nombreuses à avoir recours à l’IVG que la moyenne des jeunes femmes de 18-19 ans (2,38 % en 2006) et de 20-24 ans (2,71 %). Selon le dernier rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), l’information et l’éducation à la sexualité à l’école n’est pas perçue ni appliquée comme une obligation légale. Il n’est donc pas rare d’arriver dans le supérieur sans avoir eu accès à la moindre information sur les risques de grossesse non désirée. L’Igas indique aussi que, en cas de rapport mal ou non protégé, le recours à la contraception d’urgence (dont la diffusion a été facilitée surtout pour les jeunes) est trop faible pour entrainer une diminution du nombre d’avortements. Dans un rapport qu’il avait présenté à l’Assemblée nationale en décembre 2006, le député Laurent Wauquiez soulignait les difficultés rencontrées par les étudiantes pour assurer leursuivi gynécologique, non seulement en raison de la pénurie de gynécologues, mais aussi pour des questions de coût (praticiens conventionnés à honoraires libres). Parallèlement, selon une enquête conduite par la Mutuelle des étudiants en 2005 et en 2008, le niveau de couverture contraceptive varie sensiblement en fonction du niveau social et culturel de la famille de l’étudiante : les étudiantes boursières ont moins recours à la contraception (l’écart est de 7,3 points) et 16 % des étudiantes dont la mère n’a pas été scolarisée utilisent un contraceptif contre 65 % de celles dont la mère a un niveau supérieur au bac. Or la prévention des grossesses non désirées supposerait évidemment une utilisation beaucoup plus systématique de la contraception. Il est donc légitime de se demander où en sont les étudiantes vis-à-vis de l’IVG, ce qu’elles en savent, et quelles ressources leur sont proposées en matière d’information, de prévention, et de solution vis-à-vis du risque de grossesse non désirée. Et les étudiants, sont ils informés ? Statistiquement, ils ont de grandes chances d’y être confrontés d’une façon ou d’une autre puisqu’il est établi que 40% des femmes en France auront recours à l’interruption volontaire de grossesse à un moment donné de leur vie. Mais se sentent-ils vraiment concernés ? Réponses tout au long de la semaine.
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