Troisième et dernier volet de notre série sur la loi Hadopi 2. Le flou persiste, le calendrier officiel de la mise en application de la nouvelle loi n’est toujours pas public et des alternatives existent déjà pour la contourner.
Hier, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) tenait une conférence de presse. Alors que tout le monde attendait enfin un calendrier révélant la date d’envoi des premiers mails d’avertissement, la Hadopi s’est contentée essentiellement de rappeler le principe de sa loi et de rester dans le flou. Lors de la conférence, la Hadopi a donc précisé que la riposte graduée ne va pas concerner les pirates et les contrefacteurs mais les internautes soupçonnés d’atteinte au droit d’auteur et qui n’auront pas sécurisé leur accès à Internet pour éviter qu’il y ait téléchargement illégal.
Mais saviez-vous que les internautes, susceptibles de se voir couper leur connexion pendant un an, sont aussi ceux qui téléchargent le plus de façon légale ? Couper leur connexion Internet reviendrait donc à faire une croix sur le tiers du marché des contenus culturels numériques. Une extension de la loi Hadopi à toutes les formes de piratage exclurait du marché la moitié des acheteurs réguliers. De son côté, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet mobilisera près de 150 fonctionnaires. Beaucoup d’argent (perdu ?) en jeu donc pour un résultat déjà controversé (voir notre article du 28 juin). Mais rassurons-nous, cette année, le gouvernement a fait des économies de garden party !
Le streaming, l’alternative sans danger
Le dernier épisode inédit de votre série préférée passe aujourd’hui sur une chaîne cablée américaine, retrouvez le demain en VO sous-titrée gratuitement sur un site de streaming. Vive le 21ème siècle ! Comment ne pas céder à la tentation ? Surtout quand on sait que le risque d'être poursuivi pour avoir regardé en streaming un film ou une série piratée est quasi-inexistant. Deux catégories de sites de streaming se côtoient sur la toile : ceux qui violent clairement les droits d’auteur en ne proposant que des fichiers piratés et ceux qui, alimentés par les internautes eux-mêmes, comme YouTube ou Dailymotion, sont partagés entre fichiers légaux et illégaux. Dans tous les cas, vous, simple internaute spectateur, n’avez rien à craindre puisque ici le vrai fraudeur est le site qui a diffusé la vidéo ou l’internaute qui l’a piratée et mise en ligne. Même si le streaming nécessite le stockage provisoire de données, le processus est automatisé et ne peut donc pas vous être reproché. N’ayant ni téléchargé, ni copié la vidéo, aucune charge ne pourra être retenue contre vous. De toute façon, avant de vous poursuivre, il faudrait d’abord vous identifier. Contrairement aux réseaux peer-to-peer, le simple amateur de streaming que vous êtes sera difficilement détectable. Alors braverez-vous les interdits ?
Photo : Flickr Stefan's photo
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