L1 santé : ce qui va changer à Dijon
La réforme des études de santé va avoir un impact considérable sur le déroulement de la première année. Pour y voir plus clair, nous avons interrogé Adrien Cadennes, étudiant élu à l’UFR médecine de Dijon.
Génération campus : Comment résumer la réforme des études santé ? En quoi consiste-t-elle ?
Adrien Cadennes : Le principal changement est que les actuelles Ph1 (pharmacie) et PCEM1 (médecine, odontologie, sage-femme, masso-kinésithérapie) disparaissent pour laisser place à une seule première année commune aux différentes études de santé. Les étudiants pourront s'inscrire à 4 concours différents : Médecine (avec kiné), Pharmacie, Odontologie et, Sage-Femme; ce qui donnera lieu à 4 classements différents, et donc à l'impossibilité de choisir une filière par défaut si on n'est pas inscrit au concours correspondant. Les étudiants peuvent néanmoins s'inscrire à autant de concours qu'ils le souhaitent, mais c'est un peu suicidaire de s'inscrire aux quatre (car les cours sont différents la plupart du temps).
Le programme sera découpé en unités d'enseignement (UE), regroupant différentes matières. Par exemple, l'UE2 regroupera la biologie cellulaire, l'histologie et l'embryologie. Il y aura 80 % des cours communs aux 4 filières (7 UE) , et 20 % spécifiques à chaque filière (une UE par filière). L'année sera divisée en deux semestres totalement distincts, avec examens mi-décembre (30 points sur 65) et fin avril (35/65).
GC : Pour les étudiants des différentes filières santé de Dijon, quelle incidence aura la réforme sur le déroulement de leurs cursus et de leurs examens ?
AC : A la base, la réforme avait pour but de faire rentrer ces filières dans le système LMD, mais le terme "L1 Santé" a disparu des textes de loi, car on ne sait pas encore comment on peut adapter le LMD aux études de santé qui ont une structure très particulière (mi-temps hospitalier dès la 4e année en médecine, durée des études plus longue, etc.). Ce qui va changer réellement : un premier semestre beaucoup plus dense avec des examens conséquents dès mi-décembre, plus de vacances à Noël (plus d'un mois) et un deuxième semestre raccourci (démarrant fin janvier). Et surtout, un nombre d'étudiants beaucoup plus important dans les amphis (on en prévoit environ 1.500).
GC : Comment se passera l’orientation, la suite du cursus ou le redoublement après cette année commune ?
AC : La réforme prévoyait à la base différentes réorientations possibles, et ce dès la fin du premier semestre pour les étudiants qui auraient les moins bons résultats à la première session d'examens. Le problème étant qu'il semble impossible de réorienter des étudiants en plein milieu d'année. La loi prévoit alors le report d'un an pour cette modalité, mais il semblerait que ce report soit largement prolongé.
En revanche, à la fin du deuxième semestre, les étudiants étant classés au-delà de 3 fois la somme des numerus clausus (soit environ la 1.000e place) seront réorienté sur avis d'une commission de réorientation et ne pourront se réinscrire en première année des études de santé qu'après avoir effectué une année ailleurs.
Aussi, comme c’est le cas actuellement, un seul redoublement sera autorisé. Et les étudiants actuellement en Ph1 ou en PCEM1 n'auront droit qu'à une seule inscription en première année commune.
Concernant la poursuite du cursus, le programme de la première année ayant changé, il faudra évidemment réformer les années supérieures dans toutes les filières concernées. En médecine par exemple, un groupe de travail (auquel les élus étudiants vont participer activement) réfléchit déjà aux modifications à apporter aux 2e et 3e années.
GC : Qu’est-ce qui va changer à Dijon au quotidien ? Les profs seront les mêmes ? Où auront lieu les cours ? Où faudra-t-il s’inscrire ?
AC : Concrètement, ce qui va changer, c'est le nombre d'étudiants, le nombre d'heures de cours par semaine, et le programme d'enseignement. Les 2/3 environ du nouveau programme sont quasi-identiques à celui de la PCEM1 (biochimie, biologie cellulaire, biophysique, anatomie, biostatistiques…) avec les mêmes professeurs la plupart du temps. Le 1/3 restant comporte des choses faites actuellement en Ph1 et des nouveaux chapitres. En fait, dans le contenu, cette première année ressemble beaucoup plus à l'actuelle PCEM1 qu'à l'actuelle Ph1 ; il sera donc a priori plus difficile d'être redoublant issu de pharmacie que redoublant issu de médecine…
Les cours auront lieu dans les amphis Aristote et Platon et probablement dans un autre amphi à la fac de médecine, en vidéo-transmission depuis la salle 009 où se trouvera l'enseignant, en présence d'une cinquantaine d'étudiants, qui tourneront chaque semaine. L'inscription sera probablement une inscription spécifique à cette première année, puisqu’elle dépend des deux UFR médecine et pharmacie.
GC : La mise en place à Dijon est-elle prête ?
AC : Nous travaillons sur cette nouvelle première année depuis environ un an et demi, avec les responsables de l'UFR médecine, de l'UFR pharmacie, les enseignants et les élus étudiants en médecine et pharmacie. Le travail effectué est donc très bien avancé, quasiment terminé, et tout sera prêt pour la rentrée 2010-2011.
GC : Qu’est-ce que les futurs-étudiants santé doivent savoir d’autre ?
AC : Comment puis-je parler de la première année de santé sans parler du tutorat ? Depuis plusieurs années, le tutorat médecine (géré par les étudiants et soutenu par la fac et l'uB) est très performant et propose d’excellents services pour aider à la réussite du concours de première année. En accord avec la fac et les étudiants en pharmacie, le système actuellement en place en médecine sera poursuivi et aménagé pour être le mieux adapté possible à cette nouvelle année. Tout ça en collaboration avec les enseignants, les UFR et l'uB. De plus, le tutorat travaille étroitement avec les élus pour avoir le maximum d'informations pour l'an prochain, ce que n'ont pas encore les prépas privées. Le tutorat sera donc parfaitement prêt et toujours innovant pour la rentrée prochaine !
Propos recueillis par Katia David